BONS MOTS, VACHERIES ET GRANDES TIRADES (627 CITATIONS), SA VIE, SES PIÈCES, SES FILMS, 540 AFFICHES ET DESSINS...

Citations de H à Z

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H comme…

habitudes

« Prendre des habitudes, en voilà une mauvaise habitude, tiens, qui paralyse l’existence ! D’autant plus que lorsque nous disons : “Les habitudes que j’ai prises…”, nous nous trompons nous-mêmes, car ce sont elles qui nous prennent et non pas nous qui les prenons !… » (Le Nouveau testament.) 

hasard

« Il est des villes d’eaux dont le seul nom évoque une partie du corps – une partie malade de ce corps : les reins, le foie, les intestins ou bien le cœur. Villes dont l’eau des sources est bienfaisante, je vous respecte – mais, j’aime d’une amitié particulière les villes d’eaux qui n’ont pas d’eaux, celles où l’on ne soigne rien et qui vivent exclusivement du jeu. Je les trouve extrêmement différentes des autres. Elles ont une sorte d’existence temporaire, illusoire, puisque, en somme, c’est le hasard qui les fait vivre. » (Mémoires d’un tricheur.)
« Le hasard est le travestissement favori du destin. » (Cité par Lana Guitry dans Et Sacha vous est conté.) 

hommes

Autoportrait (1908)
« Tous les hommes naissent comédiens, sauf quelques acteurs. »
« La plupart des hommes n’ont que ce qu’ils méritent. Les autres sont célibataires. »
« J’ai appris à aimer certains hommes par le mal que j’en avais entendu dire par d’autres hommes que je n’aimais pas. »
« Il y a toute une catégorie d’hommes qui ne font la cour qu’aux femmes fidèles… et qui seraient bien embarrassés si les femmes leur disaient : Allons-y ! » (Le Veilleur de nuit.)
« Les hommes qui aiment se payer le corps des femmes n’aiment pas qu’on se paye leur tête. » (Le Renard et la grenouille.)
« Si les hommes aiment les femmes silencieuses, c’est parce qu’ils sont persuadés qu’elles les écoutent. »
« Nous nous imaginons bien à tort qu’en donnant à une femme tout ce que nous avons, nous lui donnons tout ce qu’elle désire. »
« La première chose que je regarde chez un homme, c’est sa femme. »
« Un homme sans moustache, ça ressemble trop à un cabotin. » (Désiré.) 

humour

« Ce n’est pas sans raison que les Anglais disent d’un homme qu’il a ou qu’il n’a pas the sense of humour. Et c’est parce que la plupart des gens en sont dépourvus qu’il est si mal considéré. Il est vrai que, si tout un chacun possédait ce sens, l’humour en souffrirait, car pour qu’une plaisanterie humoristique ait son plein rendement, il convient d’être trois : celui qui la profère, celui qui la comprend – et celui à qui elle échappe. Le plaisir de celui qui la goûte étant décuplé par l’incompréhension de la tierce personne. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Revendiquons le droit de plaisanter sur tout ! » (Toutes réflexions faites.)
« Celui qui ne tolère pas la plaisanterie supporte mal la réflexion. » (Toutes réflexions faites.)


I comme…

importuns

« Il y a des gens qui parlent, qui parlent – jusqu’à ce qu’ils aient enfin trouvé quelque chose à dire. » (Mon père avait raison.)
« Il y a beaucoup de gens, vous savez, qui croient que c’est chic d’avoir l’air de s’ennuyer partout ! » (Je t’aime.)
« J’ai fait graver chez moi, à l’intérieur de ma porte : “Sortie libre”. »

INCONduite et inconSTANCE FÉMININEs

« Son inconduite ne laissait rien à désirer : elle donnait tout. »
« Mesdames, il nous est difficile de revenir aussi vite que vous sur les décisions que vous prenez. »
« Femmes, je vous adore – comme on adore une édition originale : avec ses fautes. » (Elles et Toi.)
« Vous ne pensez qu’à celui qui vous a quittée – et vous négligez celui qui vous reste fidèle. Ah ! Vous êtes bien une femme, vous, par exemple ! » (Chagrin d’amour.) 

INCONSTANCE MASCULINE

« Le meilleur moyen de faire cesser la tentation, c’est d’y succomber. »
« Une seule qualité suffira pour que nous nous éprenions d’une femme quelconque. Un seul défaut nous servira de prétexte pour nous désenchaîner d’une très jolie femme. » (Cité par Lana Guitry dans Et Sacha vous est conté…) 

INDISCRÉTION

« Il ne faut jamais regarder quelqu’un qui dort. C’est comme si on ouvrait une lettre qui ne vous est pas adressée. » (À Marcel Achard.)
« Ah ! C’est qu’elles voient si bien, les femmes, en une seconde, la chose qu’on n’aurait pas dû laisser traîner ! » (Faisons un rêve.)
« En vérité, vous êtes tellement indiscrètes, vous autres, les femmes, que vous ne pouvez pas résister au désir d’aller fourrer votre nez dans le cabinet de toilette des femmes que vous ne connaissez pas !… Dans le fond, vous avez toujours l’espoir de dégotter chez les autres un cold-cream meilleur que celui que vous employez ! » (Villa à vendre.) 

infidélité

« Pourquoi faut-il que nos minutes les plus belles soient souvent considérées comme des crimes !… » (Quadrille.)
« Je voudrais être infidèle sans être déloyal… je voudrais vous savoir mon amie faisant pour toujours partie de ma vie, telle qu’elle est… quelle qu’elle soit… naturelle, en un mot – et je voudrais enfin laisser le souvenir d’un homme d’amour qui a aimé aussi sa femme ! » (Jean de La Fontaine.)
« La seule chose à craindre avec l’abolition de la polygamie pour les hommes ; c’est qu’elle soit un jour adoptée par les femmes. » (Histoires de France.)
« Tout nous trahit, lorsque nous trahissons. » (Quadrille.)
« Tromper, trahir, oui, c’est affreux – mais c’est cruel aussi que de rester fidèle, car c’est enchaîner l’autre. » (Elles et Toi.)
« Une femme ne quitte en général un homme que pour un autre homme – tandis qu’un homme peut très bien quitter une femme à cause d’elle. » (Quadrille.) 

ingratitude

« Donne-t-il un peu d’argent, il aurait pu en donner plus. En donne-t-il beaucoup, hein ! faut-il qu’il en ait. »
« Cet homme vous ennuie ? Rendez-lui donc service – et vous en serez débarrassé. » (Toutes réflexions faites.)
« Les jeunes se font des amis ; les vieux, eux, se font des ingrats. »
« Le bien qu’on fait aux autres vous attache à eux – et c’est, en vérité, dommage, car c’est précisément cela qui les détache de vous ! » 

intelligence

Autoportrait (1908)
« Il me semble, en effet, n’en avoir pas manqué. » (À propos de sa mise en accusation pour intelligence avec l’ennemi sous l’Occupation.)
« Un homme qui ne tient pas compte du scepticisme éventuel de son interlocuteur ne me semble pas être un homme complètement intelligent. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« L’intelligence incite à la réflexion – et la réflexion conduit au scepticisme. Le scepticisme, lui, vous mène à l’ironie. L’ironie, à son tour, vous présente à l’esprit – qui se trouve en rapport direct avec l’humour – qui fait si bon ménage avec la fantaisie. » (Toutes réflexions faites.)
« Être assez intelligent, c’est n’être pas assez intelligent précisément. Être à moitié quoi que ce soit d’ailleurs est inutile – car c’est toujours l’autre moitié qui fait défaut. » (Toutes réflexions faites.)
« On peut être hermétique et ne rien renfermer. » (Toutes réflexions faites.)
« Il ne me paraît pas assez intelligent pour être fou. » (Toutes réflexions faites.) 

IRONIE

« Être ironique, ce n’est pas seulement douter de la clairvoyance des autres – c’est mettre en doute aussi sa propre clairvoyance à l’égard du prochain. Et, dès lors, l’ironie est le seul témoignage de modestie qui ne soit pas entaché de vanité. » (Toutes réflexions faites.)
« Les gens qui ne peuvent pas admettre l’ironie me donnent de l’inquiétude à leur propre sujet. Et quant à ceux qui ne tolèrent pas la plus inoffensive plaisanterie à l’égard de leurs entreprises et de leurs conceptions, ceux-là me laissent à penser que leurs conceptions comme leurs entreprises ne sont peut-être pas raisonnables. Redouter l’ironie, c’est craindre la raison. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)


J comme…

Jalousie

Monsieur : – Rien n’est plus abominable, voyez-vous, que des inquiétudes qui ne sont pas fondées. Je suis inquiet… sans cesse… et horriblement… et je n’ai rien à vous reprocher !
Elle : – Qu’est-ce que je pourrais faire pour…
Monsieur : – Il faudrait que vous me trompiez pour que je fusse un peu tranquille ! (Le Veilleur de nuit.)
« Rien, vraiment, n’est plus odieux que d’être accusé d’une chose à laquelle on n’avait jamais songé… » (La Jalousie.)
« Lorsqu’on est innocent, il vaut mieux être accusé d’une façon précise afin de pouvoir se disculper. » (La Jalousie.)
« Les femmes n’aiment pas, n’aiment jamais qu’on aime
Qui que ce soit,
Quoi que ce soit,
Autant qu’on prétend qu’on les aime… » (Frans Hals.) 

jeunesse (voir aussi Différence d’âge, Vieillir)

« La jeunesse, c’est une ivresse continuelle, c’est la fièvre de la raison, c’est la confiance dans la vie, c’est la certitude non pas que tout vous est dû, mais que tout vous est offert, c’est l’allégresse d’avoir en soi quelque chose de sacré et envers quoi, quelque usage que l’on en fasse, on ne peut être sacrilège. (Béranger.)
« Les femmes de vingt ans, si tu savais comme c’est bête ! Tout leur est dû, rien ne les étonne ! » (Les Femmes et l’amour.)
« Sois de ton temps, jeune homme – car on n’est pas de tous les temps si l’on n’a pas d’abord été de son époque. » (Toutes réflexions faites.)
« Se méfier des vieux qui disent : “Place aux jeunes !” – Ils n’ont qu’à s’en aller, s’ils aiment tant les jeunes ! – Or, il faut observer que ceux qui disent : “Place aux jeunes !” ne leur offrent jamais que les places des autres. » (Toutes réflexions faites.)
« Le spectacle de la jeunesse et de la nouveauté nous est moralement nécessaire au même degré que nous sont physiquement indispensables les vitamines. » (Le Nouveau testament.) 

JOUER

(1986)
« Quand on est joueur, vraiment joueur, on ne peut pas tricher – on ne peut pas se substituer au hasard. » (Mémoires d’un tricheur.)
« Tricher, c’est contrecarrer les intentions du hasard et c’est s’approprier des sommes que des gens avaient eu l’imprudence ou la présomption d’engager dans un but répréhensible de lucre et avec le secret espoir d’être favorisés tout à la fois par le destin et par les fautes de leur adversaire. C’est déjouer leurs calculs et ce n’est pas seulement s’opposer à l’œuvre du hasard, c’est se substituer à lui. » (Mémoires d’un tricheur.)
« Qui se ruine au jeu ? Ceux qui ne sont pas maîtres ni de leurs passions, ni de leurs nerfs. Donc les imbéciles, les faibles, les hésitants, les incapables. Entend-on jamais dire qu’un homme éminent se soit ruiné au jeu ? Jamais. Or, la plupart des hommes éminents sont joueurs. Ceux qui se ruinent au jeu se seraient ruinés dans leurs affaires ou bien avec les femmes. Pourquoi voudriez-vous qu’il n’y eût pas au jeu des imbéciles aussi, puisqu’il y en a partout ? » (Mémoires d’un tricheur.)
« Qu’on dise que l’excès en tout est un défaut, j’y consens volontiers. Mais si l’excès en tout est un défaut, ne pas jouer du tout, cela devient un défaut puisque c’est excessif. » (Mémoires d’un tricheur.)
« D’abord qui a dit que le jeu était un vice ? Un avare probablement. Comment, nous mettrions tous les jours en jeu notre santé, notre bonheur, et nous hésiterions à compromettre une parcelle de notre avoir monétaire – ce serait attacher à l’argent vraiment trop d’importance ! » (Mémoires d’un tricheur.)


L comme…

LEÇONS

« Les meilleures leçons sont celles que l’on prend sans que les personnes à qui on les prend en soient même informées. » (Quadrille.)
« Ça ne se donne pas, les leçons, ça se prend… » (Frans Hals.) 

LÉGÈRETÉ

« Amusez-vous ! Foutez-vous de tout !
La vie, après tout, n’est qu’un rêve,
Amusez-vous, foutez-vous de tout !
Prenez la vie par le bon bout !
» Nous ne sommes pas ici
Pour nous faire du souci,
On n’est pas ici-bas
Pour ce faire du tracas. » (Épigramme.
) 

« Être sérieux, c’est visiblement se prendre au sérieux. C’est attacher beaucoup trop d’importance à soi, à ses opinions, à ses actes. Être léger, visiblement, c’est démasquer les vaniteux, c’est inquiéter les hypocrites, confondre les méchants, c’est opposer la grâce à la mauvaise humeur – et c’est donner en outre un témoignage exquis de pudeur morale. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.) 

libération (de paris)

Interrogé à la mairie du VIIᵉ (août 1944)
« Cinq hommes armés m’ont conduit à la mairie ! Ils m’emmenèrent menotté, j’ai cru qu’on allait me marier de force ! » (Accusé de collaboration, Sacha Guitry fut interné à Drancy et libéré soixante jours plus tard.)
« La Libération ? Je peux dire que j’en ai été le premier prévenu. »
Un journaliste : – Qu’avez-vous fait pendant la guerre ?
Sacha Guitry : – J’ai été très occupé. 

LIBERTÉ

« Ce n’est pas de l’union libre que je me fais le champion, c’est de la désunion libre ! » (Le Nouveau testament.)
« J’aime la liberté… au point de lui sacrifier la mienne. » (Béranger.)
« Nous éprouvons le besoin périodique de reprendre notre liberté, sans jamais nous rendre compte que c’est toujours pour l’aliéner… car nous passons notre vie à changer de prison, jusqu’au jour où nous rencontrons le geôlier de nos rêves ! » (Une petite main qui se place.) 

livres

Pris par l'atelier Nadar (BNF)
« Il va falloir qu’un jour enfin je me décide à lire les livres que, depuis trente ans, je conseille à mes amis de lire. »
« Avec tout ce que je sais, on pourrait faire un livre… il est vrai qu’avec tout ce que je ne sais pas, on pourrait faire une bibliothèque. » (Le KWTZ.)
« Pourquoi apprendre ce qui est dans les livres, puisque c’est dans les livres ? » (Si j’ai bonne mémoire et autres souvenirs.)
« [Un livre de cuisine] ce n’est pas un livre de dépenses, c’est un livre de recettes. » (Préface à Éloges de la cuisine française d’Édouard Nignon, 1933.)
« Il est bon de lire entre les lignes, ça fatigue moins les yeux… » 

LOGIQUE féminine

« [Les femmes] vous ont tout un système philosophique – en vérité sommaire, et qui ne concerne que les hommes – mais qui tient parfaitement debout quand ceux-ci sont couchés. »
« Le jour où j’ai le plus désiré te mettre sur un trône, tu m’as dit : “Je ne peux pas vivre en esclavage.” » (Elles et Toi.)
« Si une femme est adorée, elle est donc adorable. » (L’Amour masqué.)
« C’est un cocu, et c’est pour ça que je le trompe. » (Toâ.) 

Londres (voir aussi Angoulême)
Sacha à Londres (1932)

« Vous ne pouvez pas savoir ce qu’on s’ennuie à Londres un dimanche ! Je m’y étais rendu le samedi, c’était déjà intolérable, le dimanche, c’était impossible, et le lundi je trouvai enfin quelque chose à faire : je me mariai. » 

LoUIS XIV

Paru dans Plaisir de France en mai 1938
 
LUNETTES

« Il m’en faudrait deux paires… L’une pour trouver l’autre… » (Le Lion et la Poule.)


M comme…

madame irma

« Ce n’est pas pour qu’on leur dise que leur mari doit vivre vieux, qu’elles y vont [chez les chiromanciennes] – mais pour tâcher de savoir s’il doit mourir bientôt. » (Une folie.) 

MAÎTRESSE

« Depuis que j’ai une maîtresse que j’aime, je n’ai plus envie de tromper ma femme. » 

MALADIE

« C’est l’heure où les médecins viennent mentir. »
« Ce qui tue cest lespoir. Et tandis quils en meurent, combien on voit de gens qui disent quils en vivent. » (Toutes réflexions faites.)
« Vois-tu, il faut être gravement malade tous les dix ans, parce que, si on en revient, on est bien mieux après… » (Mon père avait raison.)
(1955)
« Si vous êtes malade, ne le soyez pas trop longtemps. Tâchez de ne pas dépasser les vingt et un jours réglementaires, car, vous ne pouvez pas lignorer, la patience des meilleurs amis est assez courte et vous auriez vite l’impression d’être délaissé. » (La Maladie.)
« On croit que le bonheur c’est d’être bien portant,
Alors que l’important
C’est de cesser d’être malade ! » (Le Mot de Cambronne.)
« C’est la maladie d’un homme qui peut alarmer ses proches, tandis que sa santé, en principe, ne donne des inquiétudes qu’à ses confrères ! » (Cité par Lana Guitry dans Et Sacha vous est conté…) 

MARIAGE

Lettre du 10/07/1911
« La bigamie consiste à avoir une femme de trop ; la monogamie aussi. »
« Pour se marier, il faut un témoin, comme pour un accident ou un duel. » (Elles et Toi.)
« Docteur, je suis marié. Vous me direz que ce n’est pas une maladie. Non, en effet, mais c’est une plaie ! » (Une petite main qui se place.)
« Je ne suis pas l’ennemi du mariage, au contraire, j’adore la vie à deux – mais je suis l’ennemi des mauvais mariages, car les gens mal mariés, maussades, infidèles et malheureux, font du tort à l’amour ! » (Les Femmes et l’amour.)
« Le mariage est soit une corne d’abondance, soit une abondance de cornes. »
« Le mariage est comme le restaurant : à peine est-on servi qu’on regarde dans l’assiette du voisin… »
« Le mariage c’est la prison… quand ce n’est pas le paradis, et, pour vous autres, le mari, c’est le geôlier. Seulement vous ne pensez jamais que les geôliers, aussi, ils la passent en prison, leur vie. » (Une petite main qui se place.)
« Le premier homme qui s’est marié, mon Dieu, il n’y a rien à lui dire : il ne savait pas – mais, vraiment, le deuxième est inexcusable ! » (Jean de La Fontaine.)
« Le célibat ? On s’ennuie. Le mariage ? On a des ennuis. Nous sommes loin de nous douter des services que pourraient nous rendre nos défauts si nous savions les mettre en œuvre. » (Toutes réflexions faites.)
« Le mariage est une comédie, et je n’ai pas le génie de Molière. » (Jean de La Fontaine.)
« Je crois que les femmes sont faites pour être mariées… et que les hommes sont faits pour être célibataires. C’est de là que vient tout le mal ! » (Mon père avait raison.)
« Deux personnes mariées peuvent fort bien s’aimer, à condition de ne pas être mariées ensemble. »
« Être marié !… Ça, ça doit être terrible. Je me suis toujours demandé ce qu’on pouvait bien faire avec une femme en dehors de l’amour. » (Faisons un rêve.)
« Un moment, nous avons vécu côte à côte. Puis nous fûmes dos à dos. À présent, nous sommes face à face. »
« Le mariage, c’est un échange de mauvaise humeur le jour et de mauvaises odeurs la nuit. »
« Je fête mes cinquante ans, Jacqueline en a vingt-cinq… Il était normal qu’en ce jour elle devînt ma moitié… » (En 1935.) 

MÉDECINS (voir aussi Auteurs, à l’article Molière)

« On sourit aux distractions des mathématiciens. On frémit en songeant à celles que pourrait avoir un chirurgien. »
« Je n’aime pas ces médecins qui ont toujours l’air de venir de sauver quelqu’un… et qui s’imaginent volontiers que les malades cessent de souffrir à l’heure où ils cessent leurs visites ! » (Pasteur.) 

méfiance !

« Les honnêtes gens ne demandent qu’à devenir voleurs. » (Monsieur Prudhomme a-t-il vécu ?)
« Aimez les choses à double sens, mais assurez-vous bien d’abord qu’elles ont un sens. » (L’Esprit de Paris.)
« La réalité, quelle qu’elle soit, est bien plus belle que l’illusion. » (Mon père avait raison.)
« Ne prends guère au sérieux que les gens qui plaisantent – et méfie-toi de ceux qui sont solennels et sévères. Les gens qui sont sérieux ne sont en général que des gens qui se prennent au sérieux. » (Cité par Lana Guitry dans Et Sacha vous est conté…) 

mensonge, MENTIR (voir aussi Acteurs)

« À un menteur invétéré, la vérité apparaît comme une sorte de fiction. »
« Le mensonge mène à l’infidélité, car c’est à force de mentir qu’une femme finit par vous tromper ! » (Les Femmes et l’amour.)
« On ne peut pas mentir aux êtres qui vous plaisent ! » (Beaumarchais.)
« Si vous commenciez par cesser de mentir, mesdames, vous finiriez par croire un peu ce qu’on vous dit. »
Lui : – Quand on fait un mensonge, il faut le soigner, croyez-moi.
Le mari : – Oui, oui… il faut le rendre vraisemblable, c’est très juste.
Lui : – Et ainsi, c’est un hommage que l’on rend à la personne que l’on trompe. (Faisons un rêve.)
« L’un des mensonges les plus fructueux, les plus intéressants qui soient, et l’un des plus faciles en outre, est celui qui consiste à faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit. » (Toutes réflexions faites.)
« Le plaisir de mentir, c’est une des grandes voluptés de la vie. » (Mon père avait raison.)
« Quand un mensonge ne prend pas c’est qu’il est bête. » (Frans Hals.)
« Les avocats portent des robes pour mentir aussi bien que les femmes. » 

mode

Autoportrait (1920)
« Lance-la si tu peux, mais ne la suis jamais. Tu ne dois pas être à la mode. Le vrai Parisien, c’est celui qui est en retard de quinze ans sur elle – ou en avance de quinze jours. Tu aurais l’air d’un provincial si tu suivais la mode. » (Mémoires d’un tricheur.)
« Quand j’avais vingt ans… On ne changeait pas de siècle tous les deux ans !… De mon temps, il fallait regarder en arrière pour s’apercevoir du temps qu’on avait parcouru. De mon temps on ne se demandait pas tous les jours, au réveil, ce qu’on pourrait bien faire pour être de son temps… on en était, sans le savoir, et sans y penser ! […] La mode ne changeait pas cinq ou six fois par an et l’on prenait le temps d’achever ce qu’on commençait. Aujourd’hui, ma parole, il faut faire un livre en huit jours, une robe en une heure, une voiture en trois semaines si on ne veut pas qu’ils soient démodés avant d’être finis ! » (Un homme d’hier et une femme d’aujourd’hui.) 

MODESTIE

« Le peu que je sais, c’est à mon ignorance que je le dois. » (Toutes réflexions faites.)
« Il n’y a pas de gens modestes. Il y a des ratés qui ont la prétention d’être modestes – et qui font les modestes pour faire croire qu’ils ne sont pas des ratés. »
« Quelle manie, mon Dieu, de vouloir à tout prix que les autres soient modestes ! Comme si c’était une qualité, d’ailleurs – alors que ce n’est qu’une vertu, peut-être. Avez-vous jamais vu quelqu’un parvenant à la gloire, à la fortune, au bonheur même, à force de modestie ? Il m’apparaît plutôt que c’est l’orgueil qui nous y mène. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.) 

moi je

« Un raseur est un homme qui parle sans arrêt de lui quand j’ai envie sans arrêt de parler de moi. »
« Il faut parler de soi sans trop en avoir l’air : tirer son épingle du Je. » (Les Femmes et l’amour.)
« Si vous croyez que ce n’est pas parler de soi que de donner son opinion sur autrui ! » (Les Femmes et l’amour.) 

MOnaco, ou monte-carlo

« Endroit unique au monde, d’où l’on a supprimé la mort – puisqu’on ne voit jamais de morts à Monte-Carlo. (Tout porte à croire qu’on les enterre nuitamment pour ne pas chagriner les personnes vivantes.) Séjour enchanteur qui vit réellement de l’illusion des autres ! Étonnant point du globe où l’on ne trouve pas cent mètres de terre labourée. » (Mémoires d’un tricheur.) 

mort, mourir

« Chaque accident arrivé à autrui est un accident évité par vous. » (Jusqu’à nouvel ordre.)
« Mourir, c’est partir un peu ! » (Le KWTZ.)
« Il y a deux choses inadmissibles sur la Terre, la mort – et les impôts. Mais j’aurais dû citer en premier les impôts. » (Beaumarchais.)
« J’ai déchiré le testament que je venais d’écrire. Il faisait tant d’heureux que j’en serais arrivé à me tuer pour ne pas trop les faire attendre. »
« Nous suivions à pied l’enterrement d’un de nos parents pour lequel mon père n’avait aucune amitié. Et le cimetière était si loin, si loin qu’au bout de trois quarts d’heure, n’en pouvant plus de fatigue, il se tourna vers moi et me dit d’une inexprimable manière :
– Je commence à le regretter. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
Un journaliste : – Monsieur Guitry, que feriez-vous graver en guise d’épitaphe sur la tombe de madame Printemps au cas où elle mourrait avant vous ?
Sacha Guitry : – Enfin froide !
Le journaliste : – Et vous, madame, que feriez-vous graver sur la tombe de monsieur ?
Yvonne Printemps : – Moi, je choisirais : « Enfin raide ! »
« Il vaut mieux être marié que mort, ça dure moins longtemps. »
« Être privé de quoi que ce soit – quel supplice ! Être privé de tout – quel débarras ! » (Toutes réflexions faites.)
« Il est encore plus difficile de terminer sa vie que de la commencer. » (Le Veilleur de nuit.)
« Rien n’est éternel, sauf peut-être le souvenir qu’on laisse. »
« Sa mort l’a fait connaître. Il peut revenir maintenant. » 

MOTS D’ESPRIT

« Je connais bien des pensées qui ne supportent pas la réflexion – alors qu’un mot d’esprit, s’il est de premier ordre, est une réflexion qui donne à penser. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Dans la conversation sois optimiste, indulgent, paradoxal et cruel. Si tu as de l’esprit, sois féroce, impitoyable. Un mot, c’est sacré. Tu dois le faire contre ta sœur, contre ta femme, s’il le faut – pourvu que le mot soit drôle. On n’a pas le droit de garder pour soi un mot drôle. Il y a des mots mortels. Tant pis. Les mots qui sont mortels font vivre du moins ceux qui les font. » (Mémoires d’un tricheur.) 

musique

« Ô privilège du génie ! Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui. » (Toutes réflexions faites.)



O comme…

opinion (voir aussi Politique)

« Ceux qui ont un intérêt quel qu’il soit – matériel ou moral – à avoir une opinion, doivent être considérés avec la plus grande méfiance. D’ailleurs, n’importe qui ne devrait pas avoir le droit d’avoir une opinion. Le droit d’avoir une opinion devrait être accordé comme on accorde une dignité. » (Cité par Lana Guitry dans Et Sacha vous est conté…)
« Quand on a une opinion, on ne la chuchote pas… on la chante… ou on la crie ! » (Béranger.)


P comme…

pardonner

« Je suis de ces hommes à qui on ne pardonne rien. » (À propos de la Libération.)
« Quand on cite mes péchés, j’ai toujours peur qu’on en oublie les principaux ! » (Mozart.)
« Quand on a commis un crime, on se doit de réunir tout ce qui peut en atténuer les circonstances. » (La Poison.)
« Je m’aperçois que, bien souvent, je porte sur toi des jugements sévères qui t’absolvent – et qui me condamnent. » (Elles et Toi.)
« À trente ans, on ne pardonne pas… ce serait véritablement trop bête ! On pardonne… quand on a son âge à se faire pardonner !… » (La Pèlerine écossaise.) 

PARIS SERA TOUJOURS PARIS

« Lorsque je dis à une femme qu’elle est une des dix plus jolies personnes de Paris, elle a l’air aussitôt de chercher les neuf autres pour les gifler. »
« À Paris, quand on croise une femme dans la rue et qu’on la regarde, on commet presque une infidélité. Regarder une Française et être vu par elle, on dirait qu’on ébauche un roman d’amour ! » (Théâtre je t’adore.)
« Paris, c’est magnifique, mais pour pouvoir y vivre, il faut y être né… » (Une petite main qui se place.)
« Elle est la ville capitale. Elle est unique au monde. Elle est même à ce point singulière, inimitable et personnelle que ce qu’on est convenu d’appeler “la province” devient une sorte de privilège dont la France paraît avoir l’exclusivité. Naguère il y avait des provinces et Paris – depuis [17]91, il y a Paris et la province. Et si l’on n’est pas de Paris, on est un homme de province – et le mot n’a jamais qu’un sens péjoratif. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître. Et ce n’est pas non plus y être – c’est en être. Et ce n’est pas non plus y vivre – c’est en vivre. Car on en vit – et l’on en meurt. Être de Paris, ce n’est pas y avoir vu le jour – mais c’est y voir clair. On n’est pas de Paris comme on est de Clermont – mais on est de Paris comme on serait d’un Cercle. On est élu Parisien – élu à vie. C’est une dignité. C’est une charge aussi. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
L’hôtel particulier familial en 1911 (à gauche)




« Toutes les villes ont un cœur, et ce cœur quon appelle le cœur dune ville, cest lendroit où son sang afflue, où sa vie se manifeste intensément, où sa fièvre se déclare, sorte de carrefour où toutes ses artères paraissent aboutir. Mais le cœur de Paris a ceci de particulier, c’est que chacun le place où il l’entend. Chacun a son Paris dans Paris. Le mien commence à l’Arc de triomphe et se termine place de la République – en passant par les Champs-Élysées, la rue Royale et les Grands Boulevards. Le boulevard Haussmann le limite à sa droite et la Seine à sa gauche. Passy, La Villette, Grenelle, Montmartre, dont on dit que ce sont des quartiers de Paris, pour moi ce sont de petites villes – avec leur physionomie, leurs habitudes, leurs coutumes, et souvent aussi leur accent. Un petit garçon né à Grenelle ne parle pas du tout de la même manière qu’un petit garçon né à Ménilmontant. Si mon Paris à moi est limité par la Seine, c’est que sur la rive gauche de ce fleuve se trouvent installées la Politique, la Justice, l’Instruction, les Prisons et ces grandes Maisons sinistres où l’on vous soigne – tout cela ne m’est pas extrêmement sympathique. La Chambre des Députés, le Palais de Justice, l’Institut, la Sorbonne, l’Odéon, le Panthéon et le Jardin des plantes lui-même – non, vraiment, je ne vois pas de place pour moi dans tout cela. La rive gauche a sa grandeur, et la beauté de ses monuments est évidente, mais c’est un quartier grave et les costumes modernes ne lui vont pas très bien. C’est toujours un peu Lutèce – et l’on n’est Parisien que dans mon Paris à moi. » (Mémoires d’un tricheur.)
« Être parisien, ce n’est ni une fonction, ni un état, ni un métier – et cependant c’est tout cela. C’est unique et c’est inestimable – et ce n’est d’ailleurs pas à vendre. On en est, ou on n’en est pas. Et ceux qui n’en sont pas se demandent chaque matin ce qu’ils pourraient bien faire pour en être – et ceux-là n’en seront jamais ! Car, être de Paris, ce n’est ni une question de volonté, ni une question de fortune. Ce n’est même pas une question de valeur. C’est un indéfinissable mélange d’esprit, de goût, de snobisme, de jobardise, de bravoure et d’amoralité. On ne doit pas savoir au juste pourquoi on en est – et lon doit seulement savoir pourquoi les autres nen sont pas. » (Mémoires d’un tricheur.) 

paroles, paroles…

« Si, lorsqu’ils prennent la parole, les idiots brusquement disaient le contraire de ce qu’ils allaient dire, ce serait ébouriffant. Ils continueraient d’être des idiots – et ne diraient pourtant que des choses sensées. » (Les Femmes et l’amour.)
« Je n’aime pas qu’on me téléphone – et je donne d’interminables coups de téléphone pour que, pendant ce temps-là, personne ne puisse me téléphoner. » (Toutes réflexions faites.)
« Parler des femmes, c’est en dire du mal quelque bien qu’on en pense. » (Les Femmes et l’amour.)
« Vous savez bien que les mots n’ont pas toujours la même valeur ! “Partons tous les deux”, cette nuit ça voulait dire : “Je te désire.” Tandis que ce matin, “Partons tous les deux”, ça veut dire : “Partons tous les deux…” et c’est grave de partir tous les deux quand on n’en meurt pas d’envie ! » (L’Illusionniste.) 

partir, plaquer, se séparer

« Elle bâillait devant moi. Je lui ai dit : Bâille-bâille ! » (Toutes réflexions faites.)
« Quand l’un des deux s’en va, c’est que l’autre s’ennuie. Et quand l’autre s’ennuie c’est qu’il est malheureux. Or, lorsque l’un est malheureux, le devoir de l’autre est de l’abandonner… afin qu’il soit moins malheureux. » (Une petite main qui se place.)
« Se séparer, ce n’est pas quitter quelqu’un, c’est se quitter tous les deux. Quand on se quitte, l’un ne s’en va pas plus que l’autre. » (Quadrille.)
« Ah ! que c’est difficile de se décoller… c’est affreux !… J’aurais dû l’épouser… nous serions séparés depuis longtemps !… » (Nono.)
« Tout être, en se mariant, conserve le droit de reprendre un jour sa liberté !… » (La Pèlerine écossaise.) 

PASSION

« Admirer, c’est aimer sans espoir de retour. » (Frans Hals.)
Le rossignol : – À quoi voit-on qu’on est aimé ?
Jean de La Fontaine : – Aux yeux de celle qu’on aime. (Jean de La Fontaine.)
Mme de La Fontaine : – Qu’appelez-vous une vraie femme ?
Jean de La Fontaine : – Une femme qui aime et qui est aimée ! (Jean de La Fontaine.)
« Ce qui ne me passionne pas m’ennuie. » (Mon portrait.) 

pauvreté (voir aussi Argent et Richesse)  

peintres, peinture (voir aussi Toiles de maîtres)

« Il y a des peintres qui passent leur vie entière à faire des paysages qui n’étaient pas faits pour eux ! » (Le Comédien.)
« […] je nie
Au peintre le plus grand… quel que soit son génie,
Le droit de s’y connaître en peinture… d’autrui ! » (Frans Hals.)
« Un jeune homme demandait un jour à [Edgar] Degas :
– Maître, donnez-moi un conseil… je voudrais arriver.
– De mon temps, Monsieur, on n’arrivait pas. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.) 

PERFECTION

« Aimer des défauts, c’est prendre leur défense. » (N’écoutez pas mesdames.)
« On se fatigue d’un tableau parfait. On ne peut plus rien en espérer. Une esquisse ne fatigue jamais – elle promet tant de choses !… On admire un tableau… on adore une esquisse. Il semble qu’on puisse la modifier encore et l’achever à sa façon. » (Jean de La Fontaine.) 

plaire

« En fait, je n’ai qu’une prétention, c’est de ne pas plaire à tout le monde. Plaire à tout le monde, c’est plaire à n’importe qui. » (Les Femmes et l’amour.)
Autoportrait (1910)
« C’est une grave erreur de croire que plus on est beau, plus on plaît aux femmes. Combien en ai-je vu de femmes qui trompaient des hommes beaux avec des hommes laids !… Pour avoir des femmes, ah ! c’est bien moins compliqué qu’on ne pense… Pour plaire aux femmes, il faut tout simplement s’en occuper… » (Était-ce un rêve.)
« Comme on ne peut pas se plaire davantage, on ne se dit pas que peut-être on peut moins se plaire, si bien que le respect que l’on se doit diminue chaque jour et que la pudeur s’en va. » (La Pèlerine écossaise.) 

POLITIQUE

« Pour son malheur – hélas ! – l’homme qui s’abstient d’avoir une opinion devient bientôt suspect à tous les partis. » (Toutes réflexions faites.)
« Que lui reproche-t-on ? – Ses idées politiques. – En voilà une idée ! – Alors qu’il est déjà si difficile de croire aux opinions politiques des hommes politiques ! » (Théâtre je t’adore.)
« Pour moi un gouvernement qui tombe, c’est une pièce qui s’en va de l’affiche – et je considère comme une comédie nouvelle celui qui vient le remplacer. » (Toâ.) 

POUVOIR DE SÉDUCTION

« Il est un pouvoir dont le temps
Respecte et redoute les armes.
On le possède à cinquante ans
Comme à dix-huit – et c’est le charme ! » (L’Amour masqué.)
« Quel ravage un être peut causer par la seule force de sa séduction. » (Quadrille.)
« Il se dégage de certains êtres une séduction qui, favorisée par les circonstances, peut devenir irrésistible tout à coup ! » (Quadrille.) 

PRODIGALITÉ

« La personne de ma femme n’a pas de prix et je sais ce qu’il m’en coûte ! » 

PUBLIC

« Il faut très peu de chose en somme pour lui plaire.
Il faut, tu vas voir, c’est un rien,
Il faut que sans effort il te comprenne bien.
Fais-toi comprendre et ça suffit. » (Deburau.)


Q comme…

quÉbec

« Vous ne m’avez pas attendu pour savoir que vous parliez plus que correctement le français. Et si je me suis permis d’insister sur votre façon de le parler, sur cet accent normand qui m’a tant impressionné, c’est parce que je suis normand moi-même. C’est mon cœur qui l’a ressenti bien plus que mes oreilles, soyez-en convaincus.
» D’ailleurs, cet accent, vous ne l’avez pas tous, et ceux qui l’ont ne l’ont pas à chaque mot. Vous le savez aussi bien que moi, il y a en France une dizaine au moins d’accents. Les principaux sont : l’accent du Nord, l’accent normand, l’accent lyonnais, l’accent auvergnat, l’accent provençal, l’accent bordelais et l’accent alsacien. Et pour nous, Parisiens, il n’y a pas à proprement parler d’accent parisien, de même que, pour les Auvergnats, il n’y a pas d’accent auvergnat.
» J’ai cru comprendre que l’on vous reprochait, que l’on vous accusait de n’avoir pas l’accent français. Cela n’a pas de sens, puisque vous avez précisément l’un des accents français. Ne cherchez pas à le perdre, cet accent, puisqu’il est le témoignage émouvant pour nous de votre provenance française.
» Or, un accent n’est pas un défaut, ce n’est même pas une étrangeté, c’est la caractéristique d’une province au même titre que la couleur des yeux ou la forme du visage. » (Février 1927, à Montréal, devant le Club Saint-Denis.)

QUESTIONnairES

(date inconnue)
Paru dans Les Annales à la Noël 1913


R comme…

rancune

« Qu’est-ce qui est le plus triste, un bon souvenir ou un mauvais souvenir ?… Il n’y a qu’une chose triste, c’est de ne pas oublier ! » (Un type dans le genre de Napoléon.)
« On peut oublier peut-être le mal que l’on vous fait, mais on ne se console pas du mal que l’on fait. » (Jean de La Fontaine.) 

réussite

Autoportrait (1913)
« La réussite, pour un homme, c’est d’être parvenu à gagner plus d’argent que sa femme n’a pu en dépenser. »
« Une femme doit avoir trois hommes dans sa vie : un de soixante pour le chèque ; un de quarante pour le chic ; et un de vingt ans pour le choc. »
« Si vous êtes un jour traité de parvenu, tenez pour bien certain que vous serez arrivé. » (Toutes réflexions faites.)
« On accepte l’idée qu’un homme sans valeur peut gagner de l’argent, mais qu’un homme de valeur parvienne à s’enrichir, on ne le lui pardonne pas ! » (Extrait de la version parlante du film Ceux de chez nous.) 

RÉVOLUTION

« Les révolutions sont toujours faites au nom de principes admirables, formulés par deux ou trois grands hommes mécontents de leur sort et qu’on n’a pas couverts d’honneurs comme ils le méritaient. » (Le 21 janvier 1793.) 

richesse (voir aussi Argent et Pauvreté)

« J’étais, vois-tu, si pauvre avant de te connaître… Maintenant je suis riche, inépuisablement ! Ma fortune, c’est mon amour… Elle est incalculable… » (Deburau.)
« Être riche, […] ce n’est pas avoir de l’argent – c’est en dépenser. » (Mémoires d’un tricheur.) 

RIDEAU !

« Vous n’avez entendu, je pense, aucune plainte
Et le mieux que j’ai pu j’ai caché mon émoi,
Mais lorsque ce rideau léger de toile peinte
Est descendu ce soir entre la salle et moi,
Il m’a semblé si lourd,
Il avait un tel poids,
Que j’ai très bien compris que c’était pour toujours
Et qu’il est descendu pour la dernière fois.
Il est tombé comme un couteau de guillotine !
Pauvre rideau fané que je trouve joli,
Tu sers de couverture au livre de ma vie.
C’est le dernier feuillet d’un livre qu’on termine,
Et le livre achevé s’est refermé tout seul.
Pour un soldat, c’est un drapeau
Que l’on jette sur son cercueil.
Pour nous, c’est un grand voile noir.
On pourrait déroger à cette loi commune,
Et j’aimerais assez que l’on mît ce rideau
Sur mon cercueil, le soir
Où j’irai dans la lune ! » (Deburau.) 

rôleS

« La pauvreté a ses franchises : l’opulence a sa gêne. » (L’École des philosophes.)
« Chérie, je me demande si tu ne joues pas un trop grand rôle dans ta vie. » (Elles et Toi.)
« Jouer son rôle, à mes yeux, c’est être soi-même, conformément à l’idée que les autres se font du personnage que l’on est. »


S comme…

saGESSE

« La frivolité est le commencement de la sagesse. » (L’Esprit de Sacha Guitry.)
« La raison et la logique ne peuvent rien contre l’entêtement et la sottise. » (Nono.)
« Tu m’aimes, je t’aime, on s’aime, c’est magnifique, c’est superbe mais ce n’est pas tout ! il faut vivre. » (Le Veilleur de nuit.)
Le procureur : – C’est pourtant ignoble de tuer.
L’avocat : – Oui, mais ça fait vivre tant de monde à commencer par vous et moi. (La Poison.) 

santé !

« Redoutez les effets du vin, mais observez pourtant qu’il y a beaucoup plus de vieux ivrognes que de vieux médecins. » (Beaumarchais.) 

SAVOIR-VIVRE

« On dérange toujours un homme qui cause avec une femme. » (La Pèlerine écossaise.)
« C’est une erreur de croire qu’en parlant bas à l’oreille de quelqu’un qui travaille on le dérange moins. » (Toutes réflexions faites.)
5 juillet 1937
« Faites semblant de demander aux autres leur avis, parce que la politesse est chose exquise ! » (Napoléon.)
« Les visites les plus courtes sont toujours les meilleures. » (La Pèlerine écossaise.)
« J’ai observé que, d’ordinaire, on se dit “au revoir” quand on espère bien qu’on ne se reverra jamais – tandis qu’en général on se revoit volontiers quand on s’est dit “adieu”. » (Toâ.) 

SECRET

« C’est une erreur de croire que les femmes ne peuvent garder un secret. Elles le peuvent, seulement elles s’y mettent à plusieurs ! »
« Un mari ne doit jamais rien dire à sa femme ! » (La Prise de Berg-op-Zoom.) 

SOLITUDE

« Il y a des gens qui augmentent votre solitude en venant la troubler. Loin de la partager ainsi qu’ils le prétendent, ils la doublent au contraire – et, même, ils la corrompent en y mêlant la leur. » (Toutes réflexions faites.)
« La plus grande des solitudes, c’est de se trouver en face d’une personne qui ne pense pas la même chose que vous. » (Une petite main qui se place.)
« Après huit ans de vie commune, elle est partie enfin.
Enfin, me voilà seul !
Je le souhaitais depuis longtemps.
Je vais donc enfin vivre seul !
Et, déjà, je me demande avec qui. » (Elles et Toi.)
« La vie sans femme me paraît impossible ; je n’ai jamais été seul, la solitude c’est être loin des femmes. »
« Quand une femme est seule, elle se voit seule au monde ! » (Quadrille.)
« Je suis content de moi parce que, ne m’étant pas marié, je ne trouve pas le soir, en rentrant, une dame qui a mon âge et qui aurait des bigoudis en plus… Je suis content de moi parce que je ne souffre pas de voir s’aimer les autres… » (Le Veilleur de nuit.)
« C’est le tic-tac d’une pendule qui fait apprécier le silence. Sans ce tic-tac on est un sourd. » (Mes médecins.)
« Ah ! Que c’est bon de s’enfermer !…
Et “s’enfermer”, d’ailleurs, n’est pas du tout le terme.
Lorsque je fais tourner la clef
Ce n’est pas moi qui suis bouclé
Ce sont les autres que j’enferme ! » (Un soir quand on est seul.) 

souffrance

« Je suis comme tous les êtres qui souffrent : j’aimerais souffrir davantage encore. Quand on a très mal, on a cette impression, fausse probablement, que si l’on avait encore plus mal, on finirait par épuiser sa douleur. » (Je sais que tu es dans la salle.)
« La morphine a été inventée pour permettre aux médecins de dormir tranquille. » (Mon père avait raison.) 

spectateurs

« Sous prétexte de se distraire et de se délasser, savez-vous ce qu’ils vous apportent tous les soirs, ces gens-là ? Ils vous apportent, sans l’avoir jamais formulé, le désir permanent qu’ils ont d’améliorer leur existence !… Eh bien, il ne faudrait pas se contenter de leur faire oublier leurs ennuis de la journée… il faudrait pouvoir les préparer gaiement à supporter, à éviter les ennuis du lendemain… sans qu’ils s’en aperçoivent ! » (Le Comédien.) 

SUCCÈS

« Les directeurs de théâtre croient qu’ils sont intelligents quand ils ont un succès. Et quand ils ont un four, ils croient que le public est idiot. »
« Il y a des défaites infiniment plus précieuses que certaines victoires. » (À propos d’Yvonne Printemps.) 

supériorité féminine

« Elle s’est donnée à moi – et c’est elle qui m’a eu. » (Elles et Toi.)
« Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures – si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales. » (Quadrille.)


T comme…

TABAC (voir à Fumer)

TEMPS

« Nous avons beau dire : “Mon temps… Je perds mon temps… Je prends mon temps…”, ce possessif est dérisoire : c’est toujours lui qui nous possède. » (Toutes réflexions faites.)
« Ah ! Que c’est long, une minute… et dire que les années passent si vite ! » (Je t’aime.) 

THÉÂTRE

« Quoi de nouveau ? – Molière. »
« Le théâtre est né de l’Église. Elle ne le lui pardonnera jamais. Jalousie de métier. » (Toutes réflexions faites.)
« Ce qu’il y a de plus difficile à réussir dans une pièce, c’est l’entracte. »
« Il ne faut pas être amoureux du théâtre… il faut l’adorer. Ce n’est pas un métier, le théâtre, c’est une passion !… » (Le Comédien.)
« On ne court jamais de risque au cinéma. Au théâtre, c’est autre chose. Ce sont deux jeux très différents. Si vous voulez gagner, il faut risquer de perdre. » (Quadrille.)
« Le théâtre, cest du présent.
» Le cinéma, cest du passé.
» Au théâtre, les acteurs jouent.
» Au cinéma, ils ont joué.
» Au théâtre, vient le public.
» Au cinéma, entre la foule.
» Au théâtre, cest le dessin.
» Le cinéma nen est encore quà la lithographie.
» Le théâtre, cest positif.
» La pellicule est négative ! » (Le Cinéma et moi.)
« Le théâtre ne peut jamais être considéré comme un art d’agrément… car ce qui est en jeu, ce n’est pas l’agrément de celui qui l’exerce, mais bien précisément le plaisir de ceux qui en sont les spectateurs. » (L’École du mensonge.)
« Dans une salle de spectacle, il y a – en principe – l’homme le plus intelligent du monde et le plus parfait imbécile du globe – eh ! bien, quand le rideau se ferme, il faut que ces deux hommes applaudissent ensemble – sinon le but n’est pas atteint. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Il y a, et il est nécessaire qu’il y ait, en France, trois sortes de théâtres :
» 1° Les Théâtres Nationaux ;
» 2° Les Théâtres, dits Théâtres d’Art ;
» 3° Et enfin, les Théâtres.
» Les Théâtres Nationaux – qui sont nationaux comme le sont les musées, avec des avantages appréciables, certes, mais avec de très lourdes charges et des obligations sans nombre – ont pour mission de vivifier sans cesse les chefs-d’œuvre de notre littérature dramatique. Noble mission, délicate entre toutes, qui les oblige à déplacer constamment la poussière – et qui, d’autre part, les expose aux quolibets de ceux qui ne sont pas accueillis dans ces Temples.
» Les Théâtres – sans autre qualificatif – n’ont rien qui soit particulier. Ce sont en effet de véritables théâtres où va le vrai public, où l’on joue de véritables pièces de théâtre, faites par de vrais auteurs dramatiques et interprétées par de véritables comédiens. C’est en un mot le vrai Théâtre. On y rencontre donc le meilleur et le pire.
» Quant aux Théâtres d’Art, ou d’Avant-Garde, ou bien d’Essais, ils ont leur raison d’être. Elle est d’ailleurs paradoxale : ils doivent triompher, mais ne pas réussir. J’entends par là qu’ils n’ont point pour but de plaire au public, au vrai public. Bien au contraire. Eux, ils s’adressent à l’élite – et ils flattent leur clientèle dans ce qu’elle a de plus élevé, c’est-à-dire le désir qu’on l’entretienne, en termes inaccoutumés, de sentiments qu’elle n’a pas l’habitude d’éprouver. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Les Théâtres Nationaux, c’est le passé – les Théâtres, c’est le présent – les Théâtres d’Art, c’est, éventuellement, l’avenir – et si, depuis trois cents ans, l’Art Dramatique Français rayonne dans le monde, c’est à ces trois sortes de Théâtres que nous en sommes redevables. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Qu’on ne nous dise pas d’une voix pénétrée que le Théâtre est un mystère – alors que c’est tout simplement un miracle. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Le Théâtre a ses lois, mais il n’a pas de règles et n’a pas de technique. C’est ce qui fait sa force et sa désinvolture. C’est ce qui fait sa grâce aussi. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Le Théâtre, en France, ne doit être ni officiel, ni social, ni moralisateur, ni éducatif s’il veut continuer d’être un Art.
» Il ne doit être ni guidé, ni soutenu s’il veut continuer d’être libre.
» Il doit être envié, détesté, calomnié, combattu par les uns s’il veut continuer d’être aimé par les autres. Il doit être inégal et divers s’il veut être toujours dans la tradition. Et qu’il ne fasse rien pour être national s’il veut rester français. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.) 

toiles de maîtres

« Mes droits d’auteur sont sur mes murs – et je m’en vante. Folie ? On verra ça. Quand ? Le jour de ma vente ! » 

TRAVAILLER

Autoportrait (1908)
« Travailler c’est faire n’importe quoi pour, non pas vivre, mais subsister. » (Un miracle.)
« Les paresseux essaient en vain de travailler, moi j’essaie en vain de ne rien faire. » (Le Veilleur de nuit.)
« L’homme qui mange n’est pas toujours beau, l’homme qui pleure est parfois laid, l’homme qui aime est souvent grotesque, l’homme qui meurt est d’ordinaire affreux, mais l’homme qui travaille n’est jamais ridicule. » (Jusqu’à nouvel ordre.)
« Travailler sans en avoir envie, ça n’est pas un travail qu’on fait, c’est une besogne. Et c’est à ces moments-là qu’on se rend compte à quel point l’on a peu de mérite à faire les choses qui vous plaisent. » (Théâtre je t’adore.)


V comme…

VACANCES ET VOYAGES

En bleu à gauche, sous l'ombrelle rouge, Lucien
« Les gens détestent tellement le travail que, même pendant leurs vacances, ils s’ingénient à laisser au dimanche son air de jour de congé. Ils s’habillent différemment ce jour-là et ils ont l’air de se reposer encore davantage ! » (1936.)
« Les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu’on est revenu ! » (Le Petit carnet rouge.)
« Pourquoi, dans les villes où l’on passe, s’applique-t-on à choisir douze cartes postales différentes – puisqu’elles sont destinées à douze personnes différentes ? » (Les Femmes et l’amour.)

vacheries

« J’ai eu deux drames conjugaux dans ma vie : ma première femme est partie, et la seconde est restée ! »
« Entre hommes on ne s’acharne jamais sur une seule femme… on n’a pas le temps… Non, la coutume veut seulement qu’on dise du mal de toutes les femmes… en général. »
« Je ne cesse de penser que je ne pense plus à toi. » (Elles et Toi.)
« Son sommeil était, de beaucoup, ce qu’elle avait de plus profond. » (Elles et Toi.)
« Quand on dit d’une femme qu’elle est cultivée, je m’imagine qu’il lui pousse de la scarole entre les jambes et du persil dans les oreilles. » (Elles et toi.)
« Tu as un charme irrésistible – en ton absence – et tu laisses un souvenir que ton retour efface. » (Elles et toi.)
« Il y a devant l’amour trois sortes de femmes : celles qu’on épouse, celles qu’on aime et celles qu’on paie. Ça peut très bien être la même. On commence par la payer, on se met à l’aimer, puis on finit par l’épouser. » (Les Femmes et l’amour.)
« Elle est si parfaitement laide – qu’elle devient vraiment jolie dans un bon miroir déformant. » 

VANITÉ

« La vanité, c’est l’orgueil des autres. » (Jusqu’à nouvel ordre.)
« Ce qui ennuie les imbéciles, ce n’est pas qu’on soit vaniteux – c’est qu’on ait des motifs de l’être, car eux le seraient à notre place ! » (Beaumarchais.) 

VENGEANCE

« Tout ce mal que je pense et que je dis des femmes, je le pense et je le dis, mais je ne le pense et je ne le dis que des personnes qui me plaisent ou qui m’ont plu. »
« Il faut s’amuser à mentir aux femmes. On a l’impression qu’on se rembourse. » (Elles et Toi.)
« Un bookmaker que je connais m’a dit un jour : “La plus grande saleté qu’on puisse faire à un homme qui vous a pris votre femme, c’est de la lui laisser !” » (La Pèlerine écossaise.)
« À l’égard de celui qui vous prend votre femme, il n’est de pire vengeance que de la lui laisser. » (Elles et Toi.)
« Se venger, c’est être quittes – c’est courir le risque de se réconcilier, c’est oublier l’injure. Ô combien je préfère oublier la personne… » (Les Femmes et l’amour.)
« Il ne faut jamais se laisser faire par les hommes, jamais. Tant qu’ils perdent la tête, on les tient… mais dès qu’ils reprennent leur équilibre, ils se vengent. » (Le Renard et la grenouille.) 

VÉRITÉ

« Il faut avoir beaucoup d’imagination, madame, pour dire la vérité, car on ne la connaît jamais tout entière ! » (Toâ.)
« Les vraies menteuses ne savent pas dire la vérité. » (N’écoutez pas mesdames.)
« Avoir dit, de bonne foi, le contraire de la vérité, c’est s’en être approché – de dos – mais de bien près. » (De 1429 à 1942 ou De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain.)
« Qui aime la vérité a le courage de la regarder en face. » (Monsieur Prudhomme a-t-il vécu.)
« Les gens qui doutent, doutent toujours, en principe, d’abord… ils ne fournissent jamais de preuves… ils se contentent de sourire. On dirait qu’ils ont peur de toute précision. Il faut que la vérité leur crève les yeux pour qu’ils la reconnaissent !… Ceux qui n’ont jamais découvert un coin de vérité s’imaginent qu’elle est introuvable tant est grande leur vanité ! » (Pasteur.) 

VIE

« Ceux qui la prennent trop au sérieux n’en sont pas dignes, à mon avis, car ils la dénaturent. » (Quadrille.)
« La vie est une douche écossaise
Et ça dit bien ce que ça veut dire :
Dès qu’une chose vous fait plaisir,
Faut qu’il y en ait une qui vous déplaise. » (Épigramme.)
« Chaque acte de la vie est comme un petit drame
Et le tout à la fin n’est qu’une comédie. » (Deburau.)
« La vie ne se renouvelle pas… on renouvelle sa vie ! » (La Prise de Berg-op-Zoom.) 

vieillir (voir aussi Âge, Différence d’âge, Jeunesse)

« Paye les femmes tandis que tu es jeune, tu t’apercevras moins vite que tu vieillis. » (Nono.)
« Quand on a vingt-quatre ans, c’est délicieux de pouvoir se dire : J’en ai encore pour quarante ans. — Mais quand on vient d’entrer dans sa soixante-quatrième année et qu’on se dit : Je n’en ai peut-être plus pour très longtemps… C’est très ennuyeux, croyez-moi. » (Remontons les Champs-Élysées.)
« Je me suis fait à cette idée qu’être vieux, cela devait être très bien ; seulement, j’imagine que pour y arriver, cela doit être assez pénible. » (Si j’ai bonne mémoire.)
« Ma mémoire est fantasque – et parfois il m’arrive de parler très fort à l’oreille d’un myope. » (Toutes réflexions faites.)
Mme de La Fontaine : – Qu’appelez-vous une femme très jolie ?
Jean de La Fontaine : – Toutes celles d’abord qui sont très jolies… et puis celles qui me trouvent encore bien ! (Jean de La Fontaine.)
Jean de La Fontaine : – […] je crois qu’on est vieux la première fois…
Le Rossignol : – Qu’on aime ?
Jean de La Fontaine : – Ah ! Non. La première fois qu’on cesse d’aimer. (Jean de La Fontaine.)
« Pour moi, c’est délicieux ! On ne me dit jamais que les choses essentielles. Comme on sait qu’il faut me crier dans l’oreille tout ce qu’on a à me dire, on réfléchit avant de me parler… c’est excellent pour tout le monde… et moi ça ne m’empêche pas de parler… au contraire… et on est obligé de m’écouter… et on ne peut pas m’interrompre, moi ! je n’entends pas ! » (Mon père avait raison.)
« Ce n’est pas une maladie d’avoir cent deux ans… C’est même le contraire d’une maladie… et cet homme-là est bien imprudent, il me semble, d’aller chez les médecins ! » (Une petite main qui se place.)
« Les vieillards et les oiseaux affrontent chaque année le même problème : passer l’hiver. » 

vocation

« De même qu’on peut devenir un assassin sans avoir une âme de criminel, je pense qu’on peut avoir une âme d’assassin et ne pas commettre de crimes. » (Mémoires d’un tricheur.)
« Dès l’âge de trois ans… et sous prétexte que je me mettais volontiers une serviette-éponge sur la tête pour faire mille singeries… Je passais aux yeux de mes parents pour avoir une vocation théâtrale irrésistible !… J’étais l’artiste de la famille… on l’a dit pendant toute mon enfance… et lorsque j’eus quinze ans, mes parents se sont demandé comment ils pourraient concilier le respect que l’on doit aux vocations… et les nécessités d’une existence bourgeoise… […] La famille réunie en conseil a examiné ma situation, afin de prendre à mon égard – et à mon insu – la meilleure décision… Le théâtre fut écarté, bien sûr, tout de suite et irrévocablement !… La peinture le fut également à cause des modèles qui sont nus, paraît-il, dans les ateliers… […] La sculpture fut écartée de même, à cause des “saletés” que ça fait, disait maman !… Restait donc la musique ! Tous les instruments furent passés en revue… Le piano, mon père disait qu’il ne pouvait pas en entendre parler… la flûte ne leur plut guère…
Lui – La grosse caisse ?…
Elle – … leur sembla sans doute impossible… et, l’autre jour, à ce concert, vous avez bien failli m’entendre jouer du violon… C’est par hasard, en somme… et parce que mon grand-oncle possédait une harpe ancienne… que je suis devenue harpiste ! Et c’est pourquoi je ne saurais trop conseiller aux petites filles de trois ans de ne pas se mettre trop souvent leur serviette-éponge sur la tête. » (Je t’aime.)


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8 commentaires:

  1. Bonjour,
    J'aurai souhaité savoir d'où était extraite cette citation : « Un moment, nous avons vécu côte à côte. Puis nous fûmes dos à dos. À présent, nous sommes face à face. » svp.

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    1. Il semble qu'elle soit issue de "Elles et Toi" (éditions Solar), publié par Sacha, mais ne retrouvant pas cet ouvrage dans ma bibliothèque je ne puis le vérifier pour l'instant.

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  2. Je la tire de "Pensées, maximes et anecdotes" de Sacha Guitry (Librairie académique Perrin-Le Cherche-Midi éditeurs), ouvrage qui n'indique ses sources que globalement, c'est-à-dire pour la totalité des citations faites. Et jusqu'ici, je n'ai pas eu l'occasion ou la chance d'en retrouver l'origine exacte dans les œuvres originales de Sacha Guitry. Avis à celles et ceux qui pourraient nous éclairer à cet égard !

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  3. Réponses
    1. C'est très aimable à vous. Soyez-en remercié à votre tour, FP

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  4. Merci pour avoir réuni cette beauté.

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    1. Vous me faites grand plaisir et je vous en rends grâces, FP

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  5. superbe travail.Merci!

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